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Le Rêve de Talia lance un nouvel appel à projet.

04/16/2019

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Entretien avec le Dr Léa Guerrini Rousseau

 

 

Projet MUCILA

 

Entretien avec le Dr Léa Guerrini-Rousseau

Département de Cancérologie de l’Enfant et de l’Adolescent - Gustave Roussy, Villejuif

 

 

1. Bonjour Léa, pourriez-vous nous décrire l’unité dans laquelle vous exercez ?

J'exerce à Gustave Roussy (GR)  au sein du département de cancérologie de l’enfant et de l’adolescent. C'est le centre pédiatrique le plus important de la SFCE (Société Française de lutte contre les Cancers et leucémies de l'Enfant et de l'adolescent).

La mission du département de pédiatrie, comme celui de Gustave Roussy, est triple : soin des patients, enseignement et recherche. Notre service comporte trois unités d'hospitalisation (32 lits) et un hôpital de jour permettant la prise en charge ambulatoire des enfants, adolescents et adultes jeunes. Nous accueillons  300 à 400 nouveaux patients par an.

L'équipe médicale est composée de 11 médecins seniors permanents, 4 à 5 chefs de clinique et de nombreux internes. Elle est assistée par une équipe pluridisciplinaire où interviennent entre autres infirmiers, auxiliaires de puériculture, secrétaires, éducateurs de jeunes enfants, enseignants, psychologues et neuropsychologues (prises en charge des enfants avec des tumeurs cérébrales ou sous chimiothérapie) et psychomotriciens.  

            Parmi nos activités, nous participons à des essais cliniques phase 1 et 2 (développement de nouveaux médicaments et immunothérapie), et disposons aussi de consultations d'oncogénétique et suivi à long terme des patients (en lien avec les conséquences à long terme des tumeurs et des traitements associés).

 

2. Quel est votre rôle au sein de cette unité ?

Je travaille en temps que médecin sénior et participe à l’ensemble des activités cliniques et scientifiques du département. Je réalise des consultations et suis responsable, en alternance avec d’autres médecins, d’une unité d’hospitalisation (La Plaine) qui prend en charge les patients les plus jeunes (0 à 12 ans) et de l’hôpital de jour. J’ai orienté ma formation et mes compétences de manière plus spécifique dans le domaine des tumeurs cérébrales et de l’oncogénétique. Je participe aux réunions de concertation locale, et interrégionales dans ces domaines. Je suis par ailleurs référente médicale de la prise charge de la douleur et des soins palliatifs au sein du département de pédiatrie.

 

3.  Quels sont les moyens à votre disposition pour prendre en charge la douleur ?

Les équipes médicales et paramédicales de notre service sont formées et compétentes dans le domaine de la prise en charge de la douleur de l’enfant. L’observation et l’utilisation d’outils validés scientifiquement permettent aux équipes soignantes de qualifier et quantifier la douleur (questionnaires, échelles adaptées à l'âge de l'enfant, dessins, etc…). Nous disposons d'un large panel de traitements médicamenteux : traitements antalgiques de paliers 1 à 3, traitement médicamenteux contre les douleurs neuropathiques et co-antalgiques associés. Ces traitements sont le plus souvent complétés par une approche non médicamenteuse pour améliorer le confort et l'apaisement des patients. L’efficacité du traitement et ses effets secondaires sont régulièrement réévalués.

 Afin de prendre en charge nos patients pour le mieux, nous interagissons avec le Centre d'Etude et de Traitement de la douleur de GR avec lequel nous avons des projets communs. Des personnels médicaux et para médicaux sont pour certains titulaires d’un DIU de douleur et pour un grand nombre formé ou en cours de formation à l'hypno-analgésie

 

4. Le Rêve de Talia cofinance avec l'ARC le projet MUCILA, concernant le traitement des mucites par Laserthérapie. Pouvez-vous nous en dire plus sur le contexte et l'organisation du projet ?

Les mucites sont des inflammations des muqueuses buccales et digestives. Elles concerent un grand nombre de patient recevant de la chimiothérapie dont elles peuvent être la conséquence. En plus de la douleur et l'inconfort, le développement d’une mucite présente un risque infectieux, nutritionnel. Elles peuvent entraîner une augmentation de la durée d'hospitalisation et peuvent aussi mettre en péril le traitement oncologique.

L'hygiène bucco-dentaire permet de réduire le risque de mucite.  De très nombreuses médications sont possibles mais, il n'existe pas aujourd'hui de traitement de référence ayant prouvé son efficacité, bien que très peu d’étude concerne les enfants et que leurs niveaux de preuve restent faibles.

Le traitement laser a déjà été utilisé chez l'adulte ; il a une action antalgique, inflammatoire et analgésiante. Une publication de 2014 préconise l'utilisation du laser chez les adultes recevant une chimiothérapie à haute dose avec transplatation de cellules souches hématopoïétiques.  

 Chez l'enfant, le traitement des mucites par laserthérapie est faisable. Son, utilisation en prévention de l’apparition de la mucite n'a pas été beaucoup étudiée. Une équipe canadienne a publié en 2015 des guidelines en faveur d’une efficacité de la laserthérapie en prévention des mucites sévères chez l’enfant, mais les paramètres d'utilisation du laser restent à définir.

 

5. Pourriez-vous décrire votre étude et les attentes relatives à la laser-thérapie dans le traitement des mucites ?

L'objectif de l'étude MUCILA est de démontrer l'efficacité de la laser-thérapie en prévention des mucites, chez l'enfant, l'adolescent et le jeune adulte. L'étude porte sur 300 patients âgés de 4 à 25 ans. C'est une étude multicentrique (impliquant plusieurs centres), en double aveugle, randomisée contre placébo. Cela signifie que tous les patients reçoivent des séances, certains avec le laser et d'autres avec une lumière placébo sans efficacité. Les patients reçoivent durant leur cure de chimiothérapie une séance quotidienne de laser (minimum 4 à 7 jours selon le type de chimiothérapie). Après l'arrêt du traitement, les patients sont revus par un médecin évaluateur environ 12 jours après le début de la chimiothérapie. Le médecin évalue alors le grade de la mucite, le comportement général des patients (alimentation, capacité à parler) ainsi que la prise d'antalgique. Ni les patients ni les médecins évaluant le grade de la mucite ne savent dans quel bras (laser ou placébo) à été randomisé le patient.

 L'objectif de cette étude est d'obtenir une diminution de l’incidence de 15 % des mucites sévères dans le groupe de patient qui aura reçu le traitement par laserthérapie par rapport à celui qui aura reçu le traitement par placébo.

 

6. Comment se déroule l’étude (combien de centres impliqués et de patients?

Les 5 centres d'onco-hématologie pédiatriques des hôpitaux suivants sont impliqués dans le projet MUCILA : Gustave Roussy (Villejuif), Institut Curie (Paris), hôpital Robert Debré (AP-HP), Centre Oscar Lambret (Lille) et CHU de Rennes.

Il s'agit d'une étude clinique de phase 3. Elle est, au moment où nous nous parlons (Juillet 2017), en phase de validation par les différents comités scientifiques et de protection de personnes. Une fois l'autorisation obtenue, le personnel sera formé et le début des inclusions est prévu au premier trimestre 2018.

L'étude se déroulera sur trois ans. Une analyse statistique intermédiaire sera faite à mi-parcours pour évaluer l'impact et identifier s'il est d'ores et déjà possible de conclure à une efficacité ou une inefficacité du traitement. S’il n’est pas possible de conclure lors de l’analyse intermédiaire, l'étude sera poursuivie pour inclure 300 patients au total.

 

7. Quand les premiers résultats sont-ils attendus ?

En ligne avec le planning d'inclusion et la date de démarrage début 2018 décrite précédemment, les premiers résultats sont attendus à la fin du premier semestre 2019.

 

8. En cas de bénéfice avéré,  quelles seront les conséquences pour les enfants en oncologie ?

Il est important de noter que sur le plan national, il s'agira de la première étude française de si grande ampleur. Ce n'est pas si courant dans le domaine de la prise en charge de la douleur. Cela permettra d'élargir utilisation du laser en prévention, de traiter un plus grand nombre d'enfants, de diminuer l'incidence d'apparition des mucites et peut être même leur sévérité. Le confort des enfants s'en trouvera ainsi amélioré. Enfin, cela permettra d'élargir les guidelines sur l'utilisation du laser en pédiatrie permettrait de demander une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) pour le laser dans cette indication.

 

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