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Le Rêve de Talia lance un nouvel appel à projet.

04/16/2019

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Entretien avec Cécile Boulanger, CHU de Toulouse

 

Entretien avec Cécile Boulanger, pédiatre au CHU de Toulouse, spécialisée en Hémato-Oncologie pédiatrique

exerçant au sein de l’équipe d’Hémato-Oncologie pédiatrique et de l’Equipe Ressource Régionale Douleurs & Soins Palliatifs (Enfant-Do)

 

Pourriez-vous nous présenter votre département ?

Nous accueillons au sein de notre service d’hémato-oncologie tous les patients de 0 à 18 ans de Midi Pyrénées, ce qui représente environ 150 nouveaux diagnostics par an.

Nous disposons de 20 lits d’hospitalisation & d’un hôpital de jour.

Notre équipe est composée de 6,5 Médecins, 70 agents (infirmières,  puéricultrices, auxiliaires de puériculture), 2 psychologues, deux assistantes sociales, des éducatrices jeunes enfants et des enseignants de l’éducation nationale.

 

Comment est née l’idée de votre projet HYPNO’Z sur l’auto hypnose ?

Au cours des deux années passées dans le service, en tant que chef de clinique, j’ai pu observer au cours des soins que la prise en charge de la douleur pouvait être améliorée.

En effet, de nombreux gestes nécessitent encore des escalades médicamenteuses, et j’avais le sentiment que l’on pouvait réserver une place plus importante aux thérapies non médicamenteuses.

L’hypnose était-elle déjà utilisée dans votre département ?

Il se trouve que l’une de nos infirmière était déjà formée à l’utilisation de techniques hypnoanalgésiques, et son approche étant différente et bénéficiant aux patients, cela a donné envie à d’autres personnes du département de se former, afin de dupliquer ses bonnes pratiques.

Par ailleurs, une des psychologues de l’équipe, formée à l’hypnose ericksonienne, cherchait à mettre en place sur le service l’utilisation de l’hypnose par les enfants et leurs parents pour améliorer leur confort et réduire l’anxiété  face à la maladie et face aux soins à l’hôpital et à la maison.

Nous avons  donc décidé de lancer un projet pour sensibiliser toute l’équipe de soins aux approches non médicamenteuses et déployer un programme de formation autour de l’hypnose.

Les soins engendrent des relations tripartites, entre l’équipe de soins, la cellule familiale et les enfants, nous voulions donc un projet qui s’adresse à ces trois « publics »

Ce projet Hypno’Z s’adresse donc à ces 3 publics et comporte 3 volets.

 

Quel était le sentiment des équipes de soins sur les thérapies non médicamenteuses ?

Du fait de manque de financements, les thérapies non médicamenteuses sont encore peu utilisées- et donc peu connues- par les soignants-notamment chez les enfants. Par manque de connaissance, certains membres de l’équipe avaient des interrogations  sur l’impact de ces dernières. L’un des freins exprimé était le temps nécessaire à leur déploiement dans le prise en charge de la douleur….un séance d’hypnose sera plus longue qu’une injection intra veineuse. Nos premières expériences nous prouvent que le bénéfice associé à cette approche justifie le temps passé pour cela.

 

On entend beaucoup parler de l’hypnose dans la vie de tous les jours, et parfois même dans les émissions de télé…est-ce la technique utilisée et les impacts sont toujours les mêmes ?

Non, il existe de grosses différences entre « l’hypnose analgésie» que nous allons utiliser et  l’hypno-thérapie pratiquée généralement  par des médecins psychiatres ou des psychologues qui cherchent à aider le patient à mobiliser ses ressources pour se réparer. Nous sommes encore plus éloignés de l’hypnose de spectacle, puisque nos objectifs sont différents. Nous pratiquons l’hypnose médicale, telle qu’elle a été envisagée par le DR MILTON ERIKSON, nous agissons dans un cadre éthique de respect du patient. Nous  proposons de compléter une prise en charge médicamenteuse déjà efficace, par des techniques psycho-corporelles plus naturelles, à la portée de tous et surtout accessibles et transmissibles à l’enfant et à sa famille. Il est important de rassurer les usagers sur le fait que l’hypnose (vulgairement :transe) est un phénomène naturel.  Par exemple, Il n’est pas rare que lorsque l’on s’ennuie en voiture (focalisation) nos pensées vagabondent et nous ne nous rappelons pas du trajet effectué (transe positive) pourtant nous étions vigilants tout au long de la route. C’est ce phénomène que nous cherchons à retrouver quand on parle d’hypnose.  A l’inverse un enfant arrivant dans un contexte de soin est déjà comme hypnotisé par la peur du soin (focalisation/transe négative) il est alors en état de vigilance maximum ! Il n’est attiré que par le négatif, tout est exacerbé. Nous devons alors trouver le moyen de l’extraire de cet état de transe négative pour l’accompagner vers quelque chose de plus positif.

 L’hypnoanalgésie est avant tout une manière de communiquer. Elle pourrait être divisée en 2 approches complémentaires : communication thérapeutique ou hypnotique et transe hypnotique.

La communication thérapeutique demande au soignant de porter toute son attention sur l’enfant en prenant en compte son univers. Il faut apprendre à l’observer pour comprendre ce qu’il voit, de la situation de soin, ce qu’il entend, ce qu’il pourrait ressentir, ce qu’il en comprend et comment il se l’approprie. Après ce recueil de données, envisagé comme un état des lieux, le soignant va mettre en place une communication plus appropriée afin d’établir une relation de confiance. C’est LA condition sine qua non pour accompagner l’enfant. Ensuite, il s’agit de rejoindre l’enfant dans son étage émotionnel et de l’accompagner vers quelque chose de plus agréable, plus ludique, plus adapté à sa condition d’enfant.

Et ainsi, petit à petit, glisser vers la transe hypnotique, qui grâce à des techniques de dissociation, un vocabulaire adapté, un savoir faire et un savoir être soignant…va aider l’enfant à porter tout ou partie de son attention sur un élément extérieur à la situation négative du soin  et ainsi lui permettre de diminuer son ressenti et son vécu de la douleur. Il s’agit de court- circuiter l’acheminement du message douloureux vers le cerveau. L’intensité douloureuse sera alors, naturellement diminuée.

Notre projet s’inscrit également dans une démarche éducative. Nous souhaitons aider à l’enfant à reprendre possession de son corps, reprendre confiance en ces capacités et devenir acteur du soin en développant ces propres ressources.

Les enfants sont d’ailleurs particulièrement réceptifs à l’hypnose car leur imaginaire est très développé, ce qui est très utile en pédiatrie.

 

 

Quels sont les objectifs du projet financé par le Rêve de Talia ?

- Sensibiliser les soignants à ces techniques pour uniformiser nos pratiques

- Equiper l’enfant

- Diminuer le ressenti de la douleur lors des soins

- Réduire l’anxiété du patient liée aux soins

 

Pour cela, nous allons utiliser des techniques & supports hypnotiques, mais qui pourront être utilisés à différents endroits lors du parcours de soin du petit patient.

-> Dans le service à l’hôpital

-> Dans les hôpitaux de proximité

-> Au domicile du patient

 

- Equiper les parents, véritables partenaires du soin en les sensibilisant à l’utilisation de l’hypnose et en leur apprenant quelques techniques hypnotiques (dont des jeux) à faire avec leur enfant. Cela leur permet s’ils le souhaitent de prendre une place active lors des soins. Et cela peut les inciter à pratiquer l’auto-hypnose pour mieux gérer leur anxiété face à la maladie et aux difficultés de leur enfant.  Nous avons ainsi comme projet de développer des ateliers pour aider les parents à se relaxer.

 

Il s’agit donc de proposer une prise en charge globale dès l’accueil de l’enfant par l’utilisation d’une communication thérapeutique qui favorise l’apaisement, le sentiment  de  sécurité  et  de  confort

 

 

Comment va dérouler le projet et qui en bénéficiera ?

Notre projet s’adresse à trois « groupes » de personnes

- Les équipes soignantes

- Les enfants

- Les parents de l’enfant

 

Les équipes soignantes

Le projet va permettre de former une quinzaine de personnes à l’hypnose (Soignants, Médecins, Psychologue, kinésithérapeute) qui bénéficieront d’une formation de 3x2jours.

Chacun pourra ensuite utiliser l’hypnose dans son approche avec les patients et leur transférer ses connaissances.

Une de nos infirmières  consacrera par ailleurs 20% de son temps à ce projet.

 

Les enfants

Les enfants atteints de cancer sont soumis a de multiple soins – parfois très douloureux (ponctions de moelle, ponctions lombaires, poses de gripper…et aussi retraits de pansements, soins qui paraissent très banals mais qui pour l’enfant sont beaucoup trop récurrents),

 Dans le cadre du projet nous souhaitons aussi former les enfants à l’auto-hypnose pendant les soins.

Dès que l’enfant aura pu expérimenter et comprendre les bénéfices d’une telle prise en charge, il pourra apprendre lui-même à retrouver cet état de conscience modifié que propose l’hypnose grâce à l’apprentissage d’exercices : «  comment se focaliser sur un endroit ou une activité que j’aime, qui me fait du bien et sur laquelle je vais concentrer toute mon attention pour me défocaliser du soin et de mes angoisses un endroit de mon corps pour me permettre de diminuer l’angoisse ». L’idée est d’attirer la conscience de l’enfant sur autre chose que les soins (par exemple une ballade en montage ou un match de foot), et de détacher son esprit des soins afin de réduire le ressenti douloureux.  Si le ressenti douloureux est moindre cela aura un impact sur le prochain soin car l’anxiété à l’approche du soin sera réduite.

 

Nous souhaitons proposer à l’enfant d’utiliser son propre univers (super héros, photos, poupées…)

 

 

Il est prévu de former les parents  (par modeling avant et implication pendant les soins et à travers des ateliers d’auto-hypnose) afin qu’ils puissent reproduire les exercices avec l’enfant. Nous espérons aussi que cette nouvelle approche aidera les membres de la cellule familiale à réduire leur anxiété.

 

 

Comment mesurer l’impact de l’utilisation de l’hypnose dans la prise en charge de la douleur ?

Nous allons créer un passeport de soins qui sera délivré à chaque enfant avec des pages « visa de soins». Il nous permettra de consigner les thérapies médicamenteuses utilisées, mais aussi les thérapies non médicamenteuses et le retour de l’enfant sur la douleur ressentie.

Nous souhaitons également effectuer un questionnaire plus formel pour les enfants & les parents, ainsi qu’un questionnaire pour les soignants afin que tout le monde puisse se rendre compte des bénéfices apportés par ces techniques non médicamenteuses.

 

 

Pédiatrie - Centre de ressource douleur soins palliatifs pédiatriques

Pédiatrie - Hématologie, immunologie et oncologie

 

 

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